PARADE BILATÉRALE 

                                                                                                              + DÉVORATION, le 13 juin 2015 à 17h
                                                                                                                PERFORMANCE DE CHRISTINE LAQUET, 
                                                                                                                COLLABORATION SONORE JEAN JACQUES PALIX 

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   24, rue Saint Claude 75003 Paris 
   info@whiteproject.fr | www.whiteproject.fr

    EXPOSITION DU 7 JUIN AU 11 JUILLET 2015 

    Pour sa première exposition personnelle à la Galerie White Project, Christine Laquet -artiste basée entre Nantes et NYC- nous fait découvrir deux nouvelles séries de collages et de photographies, ainsi que des pièces récemment exposées au FRAC des Pays de la Loire ou au Zamek Culture Center de Poznan (PL).
Par le choix de son titre d’exposition, Christine Laquet évoque une manifestation du burlesque. Une parade est énoncée, à laquelle elle appose l’adjectif bilatérale, un terme plutôt d’usage en politique. L’artiste engage ainsi une dialectique créative, déterminée par une certaine symétrie. Là où des accords plus au moins égaux entre deux parties sont signés, un engagement mutuel est nécessaire. Pénétrant dans l’histoire profonde de la terre, à partir d’images des stratigraphies rocheuses et se référant à ce temps appelé Anthropocène1, l’artiste évoque le trouble d’une époque en cours et incite à renouveler les relations entre Nature et Culture. À l’instar de l’anthropologue Philippe Descola, elle entend dépasser cette position occidentale dualiste, en stipulant que la nature est elle-même une production sociale, et que les quatre modes d’identification (totémisme, animisme, analogisme et naturalisme) ont un fort référentiel commun.

1 Le terme a été créé au début des années 80 par Eugène Stoermer. Il se référait aux données portant sur les effets à l’échelle terrestre des activités humaines. Le nom Anthropocène est employé lors des discours sur la globalisation en 2000 par Paul Crutzen, Prix Nobel et chimiste de l’atmosphère, pour proposer que la transformation causée par les activités humaines mérite de définir une nouvelle époque géologique, succédant à l’Holocène qui a commencé à la fin de la dernière glaciation, il y a environ douze mille ans.


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(à gauche) Le projet du long maintenant (The long now project) 
Série de 12 photographies (double impression UV) sur Plexiglass, 2015.
Chaque disque -50cm (diamètre) x 1cm (épaisseur)- possède une tranche martelée aux ciseaux à bois.

Le titre de la série Projet du long maintenant s’inspire des recherches de Stewart Brand -écrivain et activiste américain- particulièrement pour son invention : une horloge dont l’autonomie, la résistance et la précision lui permettrait de fonctionner pour les dix mille ans à venir. Accompagné de Brian Eno, de scientifiques et de financeurs, Brand espère fournir un contrepoint à la culture accélérée d’aujourd’hui et ainsi contribuer à une réflexion sur le long terme autour du commun.

Les préoccupations de Christine Laquet s’organisent autour de la déconstruction d’un système établit sur la peur. À l’aire de l’Anthropocène, la fin de la vie (humaine et non-humaine) devient une menace réelle. Pour l’artiste, l’invention de la bombe atomique ancre nos actions humaines dans le chaos, tel un moment ultime de destruction et d’anéantissement. Elle choisit de sélectionner douze photographies d’essais nucléaires réalisés entre 1945 et 1962 aux États-Unis et les accrochent au mur avec en reprenant la forme symbolique d’un mandala, comme pour tenter de guérir un mal. Douze images -qui telle une horloge étalée- tenteraient de jeter un sort pour penser le temps autrement et pour nous inviter à repenser la vitesse du monde. La couleur incandescente des images se projette sur le mur comme un éclat, reflétant une terrible beauté.

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Encre japonaise sur voile en polyester, 3 x 2 m, 2012.

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ens.delaforcedes7De la force des spécimens
Série de 25 collages sur caisson en bois (passementerie et pierre de synthèse sur impression offset),
22,6 x 28,6cm, 2015.

Cette série s’est construite autour de deux livres : Kristallseelen (Les âmes du cristal, 1917) dont l’auteur Ernst Haeckel examine la question de la frontière entre la nature inanimée et la nature animée en posant la question y a-t-il de la vie dans le cristal ? Prisé pour sa transparence, doté d’une structure régulière, ce minéral, sans doute doté de pouvoirs surnaturels, incarne tout au moins le spirituel au cœur de la matière. Trésors des catacombes de Paul Koudounaris, 2013. L’auteur s’intéresse à la vénération des reliques des saints des catacombes. Découverts en Italie au XVIe siècle, d’incroyables squelettes sont ornés de pierres et bijoux.
Les pierres, par leur beauté spontanée, semblent à la fois contenir le passé originel et le devenir, le mouvement perpétuel et le transitoire. Véritables mémoires vives de la planète, elles suggèrent un questionnement sur le monde passé, présent et à venir. Si « toute pierre est montagne en puissance » dixit Roger Caillois, tout homme est « un grain de sable, une force de résistance ».

(détails)
 

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